samedi 7 janvier 2017

Ce que les Beaux Arts de Bordeaux m'ont appris

Je m'appelle Mathilde, j'ai 24 ans, bientôt 25 et je vis à Bordeaux. J'ai décidé d'écrire cet article pour revenir sur mon parcours scolaire et dénoncer les pratiques d'un certain cursus.
Après avoir obtenu mon bac, je me suis installée à Bordeaux avec ma meilleure amie en collocation. Je me suis inscrite à la fac d'arts plastiques dans laquelle je suis restée trois ou quatre mois. La fac de Bordeaux 3 est une fac avec très peu de moyens, en sale état, un peu à l'abandon... Le cursus arts plastiques est selon moi un mauvais cursus pour les gens qui ne veulent pas devenir prof. Il n'y a aucun matériel mis à disposition des élèves et les profs ne sont pas très pédagogues. J'ai passé des semaines à créer des choses dans le seul but de répondre à un thème, un énoncé alors que j'avais été habituée au lycée à donner beaucoup de ma personne pour faire aboutir des projets personnels. J'ai donc décidé d'arrêter la fac et de tenter le concours des Beaux Arts de Bordeaux.

Le concours en lui même n'a rien d'extraordinaire, on nous propose un sujet de création à présenter devant un jury un mois plus tard. L'année où je me suis inscrite le sujet était de mémoire : "Créer une oeuvre en rapport avec l'histoire d'un lieu". Je me suis donc lancée dans le projet d'investir le miroir d'eau de Bordeaux en me basant sur le commerce triangulaire qui passait par le port de la ville (c'est-à-dire les quais actuels). J'ai passé plusieurs semaines à construire mon projet et à le mettre en place, tout s'est d'ailleurs très bien passé.
Le jour de mon oral je suis passée devant un jury constitué de 4 personnes (3 profs et un élèves en master), l'oral fut bouclé en 5 min montre en main (j'ai d'ailleurs cru que c'était mort pour moi) puis quelques jours après j'ai appris que j'avais été acceptée dans cette école.
J'étais pleine d'espoir quant à la formation proposée aux Beaux Arts, et j'étais presque sûr que je voulais devenir "artiste".

Je suis quelqu'un de timide mais très sociable mais ce fut une véritable horreur pour moi de m'intégrer dans cette école. Tout d'abord j'aimerais parler des élèves. En première année, je suis tombée sur des gens extrêmement prétentieux qui se disaient déjà "artistes" et qui méprisaient les autres, les plus réservés. Des groupes se sont très vite formés au sein de la promo et je n'ai pas du tout eu l'occasion de m'intégrer dans un de ces groupes. Pourquoi ? Je n'étais pas vraiment dans "l'ambiance" Beaux Arts. Ce qui est drôle (ou pas) c'est que je m'étais dit qu'en venant aux Beaux Arts je rencontrerais des personnes ouvertes d'esprit et passionnées, avec lesquelles je pourrais parler de tout pendant des heures. La désillusion ne fut que plus violente. Les sujets de conversation ne tournaient qu'autour des multiples soirées durant lesquelles élèves et profs couchaient ensemble et se droguaient. Si tu veux rentrer dans ce monde, tu as intérêt à faire la même chose que les autres. Le problème c'est que ma vision du rapport élève/professeur ne correspondait absolument pas à la réalité des Beaux Arts. Ici on se tutoie, on se tape dans le dos, on fait des blagues salaces, on suce et on prend tout ce qui passe en soirée pour être en bon rapport avec tout le monde.

L'école des Beaux Arts de Bordeaux dispose d'une annexe, "Le café pompier", juste à côté dont le rez-de-chaussée est un café "associatif" tenu par quelques élèves triés sur le volet (les plus lookés et les plus méprisants aussi). Ce "café" est l'endroit où toutes les soirées se passent et si tu veux faire partie des gens cool, tu ne dois rater aucune soirée. C'est The place to be. C'est également l'endroit où tu suces pour monter ta côte de popularité auprès des profs et où tu écoutes de la bonne musique de merde (parce que c'est tellement décalé d'en écouter). Ici, tout le monde se connait et "s'adore", on picole, on danse, on drague, et on prépare les coups de pute du lendemain. Je pense que j'ai du aller à deux ou trois soirées max, et j'en suis partie aussi vite que je suis arrivée. Si t'es pas dans les bails, t'es seul-tout dans ton coin et on va bien t'ignorer comme il se doit pour te faire comprendre que t'es pas à la hauteur de leur intellect. Bien sûr si t'as pas le look Beaux Art compatible, c'est-à-dire, fringues de friperies ou fringues de tes grands-parents, ça va pas le faire non plus. Non ici, si t'es un peu apprêté(e) ça passe pour de la superficialité et donc t'es pas intéressant(e).
Ça m'a appris l'hypocrisie.

En dehors des soirées, en cours, c'est un peu le même problème. On te dit pas bonjour dans les couloirs, on te regarde pas ou alors de haut. Il n'est pas vraiment question d'entraide, chacun est dans son coin, dans son délire, on partage très peu, seulement avec les gens aussi barrés que toi. Je me souviens d'une fois où j'ai aidé une fille à monter une table à l'étage par pur altruisme, elle en revenait pas.
Les profs aussi c'est quelque chose. Comme dit plus haut, tu peux te les mettre dans la poche en faisant des soirées avec eux, ou alors faut vraiment que tu sois ultra dans le délire "conceptuel", que tu utilises le jargon adéquat (c'est-à-dire que tu déblatères des inepties enrobées de mots pompeux pour parler d'une vieille pince à linge). Si t'es un peu trop bon élève, qui bosse beaucoup mais qui parle pas trop, ça va être chaud pour toi. Parce qu'il faut aussi avoir énormément d'humour, en tout cas un certain type d'humour. Si t'es pas drôle, tu dégages. Bah oui parce qu'il faut savoir combler les blancs dans une conversation d'artistes sinon on se fait chier et ça c'est pas possible parce que c'est tellement fun les Beaux Arts. Et puis ce qui fait tout le charme de l'école c'est que les profs ne s'apprécient pas entre eux, eux aussi ils forment des petits groupes de langues de putes, ils se tirent dans les pattes, ils n'hésitent pas à balancer les uns sur les autres devant les élèves. Et là, t'as intérêt à faire ton choix, à décider dans quel clan tu te trouves, parce que c'est pas possible d'aimer tout le monde tu comprends ? Du coup, ça donne des situations ultras malsaines, où tu as des avis différents sur ton travail mais tu peux pas tous les prendre en compte parce que c'est mal vu. Tu choisis ta team, comme dans pokémon.
Ça m'a appris la diplomatie.

En ce qui concerne les cours, là aussi faut s'accrocher. En première année tu fais un peu de tout, tu vois un peu tous les profs qui bossent dans l'école, tu découvres quoi. Par contre, à partir de la deuxième année tu dois te spécialiser en choisissant un "arc" (oui parce que "spécialité" c'était pas assez cool comme mot) avec un nom chelou qui veut rien dire genre "BTP" ou "Pierre qui roule n'amasse pas mousse" et j'en passe. Il y a "Design" aussi mais on en parlera plus tard. Alors un "Arc" c'est en gros un groupe de profs qui donnent cours dans une salle spécialement attribuée sur des thématiques spécifiques. Genre ils pouvaient pas dire "spécialité vidéo/performance" ou "photo" ou "sculpture", non ça c'est en sous texte, faut arriver à déchiffrer leur petit speech de début d'année pour savoir ce qui te correspond. Bref, une fois que tu as choisis ton "arc" tu vas passer toute ton année dans la même salle avec les mêmes personnes et faut surtout pas se mélanger entre les "arcs" parce que c'est comme pactiser avec l'ennemi, ça la fout mal. Par exemple, ceux qui font Design, faut bien qu'ils restent seul-tout parce que c'est pas vraiment des artistes, ils sont trop sérieux, ils bossent un peu trop et sur des choses trop matérielles. Aux Beaux Arts on t'apprends bien à être un con prétentieux qui crée du concept pour bien enfoncer les gens qui n'y connaissent rien et pour bien gonfler l’ego de ceux qui font parti du milieu. Bon après en plus de l'arc tu as des options mais on s'en fou ça compte pas vraiment.
Quand t'es aux Beaux Arts faut aussi accepter les pauses clopes à répétitions des profs, où leurs petits quarts d'heure (voire demie heure) de retard le matin et/ou le midi, parce que tu comprends, eux ils sont importants, il faut qu'il prennent deux trois café/clopes avant de commencer donc toi t'attends gentiment dans ton coin et tu fermes bien ta gueule.
Ça m'a appris la patience (et à fermer ma gueule aussi).

Quant à ta production personnelle, il va falloir que tu ravales bien ton estime. En deuxième année, j'ai commencé à produire des performances vidéos sur lesquelles j'ai bossé comme une folle. A la fin de chaque semestre tu es évalué(é) par tes profs par rapport à ce que tu as réalisés dans ton Arc. En gros tu montres ce que tu as fait (tu te mets à poil quoi) et tu attends le Saint Verdict. Perso, avec moi ça ne se passait jamais bien. En gros ils sont pas là pour te tirer vers le haut, te donner de bons conseils avisés, mais plutôt pour bien t'enterrer et pisser sur ta fierté. Je me suis entendu dire à plusieurs reprises que je n'étais pas assez "contemporaine" (HAHAHAHAHAHAHA) et que je n'étais pas assez conceptuelle. Ce qui est plutôt drôle venant de la part de profs qui font encore des cubes en béton.
Ça m'a appris à devenir contemporaine.

Après m'être bien fait défoncée par les "tutorats" (entendez "oral", "examen" mais bon jargon, jargon...) de fin de deuxième année, j'ai entamé ma troisième année super motivée pour leur montrer que j'étais bien encrée dans mon époque en leur ramenant un boulot solide sur la question du féminisme dans les jeux vidéos. A ce moment je ne savais pas encore que je m'aventurais en eaux troubles. J'étais bien fraîche en début d'année mais alors petit à petit j'ai bien fané. Entre les profs et les élèves qui me sortaient des "t'as pas l'impression que le féminisme c'est dépassé ?", "les femmes sont quand même bien mieux loties qu'avant !", "les jeux vidéos ? heuuuu... nan." et mes recherches qui me faisait aboutir à un constat bien déprimant sur la condition des femmes à notre époque, fallait que je m'accroche ! Et c'est ce que j'ai fait, je me suis accrochée, jusqu'au diplôme.
Ça m'a appris à me battre pour mes idées.

Le diplôme, faut qu'on en parle parce que je pense que c'est un peu la cerise sur le bon gros gâteau de merde. En gros, en troisième année, tu bosses sur une thématique pour préparer un oral que tu passes devant un jury composé de deux personnes extérieures à l'école (artistes, galeristes, profs d'autre école...) ET d'un(e) prof de ton école qui est censé te suivre toute l'année et connaitre ton travail. Le prof référent de l'année où j'ai passé mon diplôme était un mec absolument infect. Déjà le mec, il s'en battait les couilles de notre travail (sauf celui de ses élèves chouchous, ceux qui sucent quoi), il n'est jamais venu me voir durant toute l'année pour me parler, pour faire connaissance. Le gars il était genre overbooké, il n'avait pas le temps pour les loosers. Du coup, quand on est arrivé au jour du diplôme le mec il ne connaissait absolument pas mon travail, il l'a découvert en même temps que le jury extérieur. La blague. Au bout de cinq minutes il s'était forgé son avis, il n'appréciait pas le féminisme et encore moins les jeux vidéos, lui son truc c'était les cubes en béton, alors il a expédié mon oral en dix minutes pour passer à autre chose et bien sûr il s'est octroyé le droit à lui tout seul de m'attribuer une note de merde. Je n'ai évidemment pas été la seule à voir son travail d'une année entière partir en fumée (big up à mes potes de galère) et je ne me suis donc pas privée durant l'entretien avec le jury à leur dire ce que je pensais de leur comportement de petits cons prétentieux et à partir en claquant la porte.
Ça m'a appris à ne pas me laisser faire (et à bien ouvrir ma gueule).

Je me suis donc retrouvée fraîchement diplômée d'un DNAP (Diplôme National des Arts Plastiques) et j'avais donc le choix de continuer en Master ou de me barrer. Je pense qu'à ce point là de votre lecture vous vous doutez bien de ce que j'ai fait.
J'ai donc annoncé à mes profs que je quittais les Beaux Arts pour me lancer dans un CAP esthétique... Je vous laisse imaginer la gueule qu'ils ont tiré. « Mais Mathilde, tu peux pas faire ça, tu vas gâcher ton talent ! » ouais bah ça fallait peut-être y penser avant de chier sur mon travail. Je suis partie la tête haute de cette école de merde et aujourd'hui je ne regrette absolument pas mon choix. Je ne regrette pas non plus d'avoir fait les Beaux Arts, je regrette seulement d'avoir fait ceux de Bordeaux car non toutes les écoles ne sont pas pareilles et j'aurais peut-être été plus heureuse ailleurs. Ça reste tout de même une bonne expérience car ça m'a permis d'ouvrir les yeux sur le milieu des arts qui ne me correspond pas car beaucoup trop hypocrite et prétentieux. Mon but était de proposer un art accessible à tout le monde et pas à l'élite bordelaise car je n'en vois pas l'intérêt et les Beaux Arts de Bordeaux voyait ça d'un mauvais œil. J'ai quand même pu m'éclater pendant trois ans car l'école est très bien équipée en matériels en tout genre et j'ai rencontré des personnes formidables. Alors toi qui me lis et qui a envie de tenter ta chance aux Beaux Arts, tu auras bien compris que je te déconseille fortement ceux de Bordeaux pour toutes les raisons évoquées plus haut. Si tu es passionné par le dessin sache que cette école ne propose pas de cours de dessin et qu'ils te redirigeront vers les Beaux Arts d’Angoulême. Après, si t'es un peu maso sur les bords vas-y, tente ta chance, t'auras des anecdotes marrantes à raconter à tes potes !

EDIT : 09/01/17
Je ne pensais pas que cet article prendrait une ampleur aussi énorme, en moins de 24h il y a plus de 6300 vues, c'est assez effrayant pour moi. Evidemment l'article fait beaucoup causer, en bien comme en mal. Je pense qu'il faut que je revienne un peu sur ce que j'ai pu écrire car des gens n'ont pas bien compris mes propos, ou alors j'ai été maladroite. Je ne veux absolument pas décrédibiliser l'ENSEMBLE des professeurs de l'école des Beaux Arts de Bordeaux, car évidemment comme partout il y a de très bon profs. Je trouve regrettable que certaines personnes se soient senties visées par mon article alors que je ne pensais absolument pas à elles en l'écrivant. Je ne citerai pas de noms ici car je pense que les "bons" (selon moi) professeurs, ceux avec qui j'ai passé de bons moments sauront se reconnaître et je les remercie du fond du cœur d'avoir été des lumières et des piliers dans cette école de fous.
Par contre, depuis que j'ai publié cet article j'ai reçu beaucoup de messages d'anciens élèves de cette école qui m'ont confié avoir ressenti les choses comme je les ai décrites. Certains ce sont sentis blessés, d'autres abandonnés ou encore humiliés par cette école. Certain m'ont parlé de "libération" quant à leur départ des Beaux Arts. Je ne suis donc pas la seule et je ne suis pas folle. Alors s'il-vous-plait, s'il y a des professeurs qui me lisent, ne fermez pas les yeux là dessus car c'est la chose la plus importante que je dénonce à travers cet article, n'oubliez pas que vous avez en cours, devant vous des gens qui peuvent être fragiles, en difficultés et qui ont peur de dire ce qu'ils pensent. 
Je rappelle également, que lorsque je me suis inscrite aux Beaux Arts j'avais 19 ans et donc que j'étais très impressionnable et facilement malléable. Je n'avais pas le recul nécessaire pour réagir à l'instant T.
J'ajouterai également que cette école ne forme absolument pas les élèves à la vie extérieure, on ne nous professionnalise pas, faut se démerder ! Donc une fois que tu as ton DNAP si tu quittes les Beaux Arts tu te retrouves bien dans la merde car tu ne sais pas où commencer... 
De plus, je n'ai pas la Sainte Parole, ne prenez pas tout ce que j'ai dit comme une vérité immuable, forgez vous votre propre avis en vous basant sur vos propres expériences, ne vous empêchez pas de faire les Beaux Arts de Bordeaux et de faire confiance aux professeurs qui enseignent là bas. J'ai vécu de très bons moments aux Beaux Arts de Bordeaux, comme de très mauvais et j'ai appris énormément de choses que je n'aurais pas pu apprendre ailleurs.
Pour finir, je vais intentionnellement enlever/modifier certains passages pour être plus juste avec tout le monde.
Merci de m'avoir lue et merci de ne pas vous engueuler dans les commentaires.

112 commentaires:

  1. Chouette, j'ai trouvé ma nouvelle artiste contemporaine préférée !

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  2. Ce que tu décris est le fonctionnement de beaucoup d'écoles d'art malheureusement... après quand tu vois la pauvreté de la culture à Bordeaux comparé à d'autres villes, tu comprends vite que ce n'est pas là qu'il faut faire des études d'art.

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  3. J'ai été étudiant de 1981 à 1986 aux Beaux-Arts de Bordeaux, j'y suis revenu en tant que membre d'un jury de DNAP en 2003 et tout m'a paru - à l'époque - normal.
    Tout ce que vous dites me paraît tellement étrange que je m'interroge, je souhaiterais en savoir plus, plus précisément, car vos accusations sont quand même graves. S'il suffit de "sucer" pour réussir dans cette école, c'est qu'il y a un dysfonctionnement qui mériterait peut-être une enquête ?

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    1. En effet il y a clairement un dysfonctionnement au sein de cette école et il serait bon de mener une enquête sous couverture évidemment... Au vu de tous les retours d'anciens élèves que j'ai reçu, je ne suis pas la seule à avoir vécu les choses de cette façon.

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    2. Avez-vous, vous-même, été victime d'un harcèlement sexuel, de quelque ordre soit-il ?

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    3. Effectivement c'est très grave. Et c'est complètement faux. Aucun problème au sein de l'école mais il semble que Mathilde n'ait pas compris en quoi consiste le travail d'un artiste autonome. Ce qui est aussi très grave c'est qu'elle s'engage dans une école d'art sans en connaître les particularité, ni sont histoire. Le pire, c'est qu'à ne pas se remettre en question on avance pas, et toute cet article est particulièrement minable. Pour les gens qui s'investissent et s'implique et essai de donner un savoir au jeune étudiant artiste c'est inadmissible. Il ne s'agit pas de se prendre pour le centre du monde main d'être généreu. Mathilde ne semble pas avoir la maturité suffisante et est passé à cote d'une grande richesse. L'école de Bordeaux est très bonne et malgres un bémol legé du au procès intenté lors demucafouillage suite au départ d Guadeloupe Echveria et à l'arrivé de Sonia Criton, l'école continuera à se porter bien et à donner un savoir à de nombreux artistes, aujourd'hui réputé.

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    4. Laurent S. : Aucun harcèlement sexuel pour ma part, encore heureux. Seulement des remarques déplacées. Quand je parle de rapports sexuels au sein des beaux arts, je pense que les personnes étaient consentantes.

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    5. Heilige SPUCKT : Je ne sais pas qui vous êtes au sein des Beaux Arts de Bordeaux pour parler de la sorte mais je ne vois pas le rapport avec "les particularités et l'histoire" de l'école. Quand je me suis inscrite j'avais 19 ans donc à cet âge là on est très sensible au diverses pressions faites par des professeurs mal intentionnés. Nous sommes de vrais éponges donc il est également très difficile de remettre en question une autorité. Cet article a été écrit avec tout le recul qu'il soit et en étant restée en contact avec de nombreux élèves je peux vous affirmer que je ne suis pas la seule à avoir souffert et à penser les Beaux Arts de Bordeaux de cette manière. PS : relisez vous avant de poster un commentaire bourré de fautes sur mon blog, merci.

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    6. Heilige Machin :

      Bonjour, je serai bref: stop bullshiting.
      L'expérience de Mathilde la regarde, fait état de son ressenti et résonne dans le coeur de beaucoup de lecteurs.
      Vous ne vous y êtes pas reconnu, OK. Par contre, vous aurez désormais l'amabilité de ne pas déprécier son auteur dans un pathétique commentaire ad hominem qui n'apporte rien à l'affaire.
      Votre expérience a été meilleure, c'est super, et on est ravi qu'il y ait des gens satisfaits, ça change. Mais ça ne vous donne pas le droit de cracher à la gueule de ceux qui en ont souffert. Ce comportement est exaspérant et humiliant, il cristalise le problème évoqué dans cet article.
      Merci de rester courtois et rangez votre égo à 2 balles qui vous octroie une vocation de juge sortie d'on ne sait où. Et si vous êtes de la pédagogie de cette école, il vous serait utile de relire ce post et de faire le lien avec votre réflexion comme quoi on doit ... connaître les particularités d'une école avant de la pratiquer?...
      Sérieusement... Vous devriez revoir certains fondamentaux de la pédagogie, je ne vous cache pas mon inquiétude.

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    7. C'est vous qui êtes d'une vulgarité absolument vomitive, cher Monsieur

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    8. "Ce qui est aussi très grave c'est qu'elle s'engage dans une école d'art sans en connaître les particularité"
      Wow, ça c'est de l'argument. En une phrase vous démontrez tout le problème.
      Le reste de votre intervention est à l'avenant.
      Cordialement

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    9. je suis étudiante aux beaux art. Chaque écoles à ses spécialité où son fonctionnement, et le choix d'une école me parait important voir crucial. Bien choisir son école, c'est plus de chance de se sentir en phase avec celle-ci et les personnes qui l'a fréquente. Je comprends pas pourquoi avoir attendu 3 années, tu aurais pu mieux te renseigner sur une école et changer en 2ème où 3ème.

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    10. Elen Hallegouet : étant bordelaise mes amis, ma famille se trouvant à Bordeaux je me suis automatiquement inscrite aux beaux arts de Bordeaux. Si je n'ai pas quitté l'école malgré tout ce que je soulève de négatif dans l'article c'est que ma mère était gravement malade et qu'elle est morte durant ma scolarité donc je ne pouvais pas changer d'école. Je trouve ça pas très malin de dire "si ça te plait pas va voir ailleurs" car on n'a pas tous les moyens de le faire et ça ne fait pas avancer les choses. Quand il y a des problèmes vaut mieux les résoudre non ?

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    11. mes condoléances pour ta mère, Je suis désolé pour toi.
      je comprends que c'est pas facile de quitter l'endroit d'où on viens, mais pour moi tu as choisie la facilité!
      Je suis pas certaine que ça serve a quelque chose de développer, j'ai lu les autres commentaires en suite, et tu n'as pas l'aire de te remettre en question... C'est dommage, c'est le principe même des écoles de beaux arts à mon sens.

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    12. Le commentaire de Heilige SPUCKT est très drôle!

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    13. "Aucun problème au sein de l'école mais il semble que Mathilde n'ait pas compris en quoi consiste le travail d'un artiste autonome."

      Comment une école d'art pourrait n'avoir aucun problème? Pourquoi exiger qu'un étudiant soit un artiste autonome? La notion d'autonomie en art n'est-elle pas fort problématique quand on la compare à la réalité du métier d'artiste qui comme tout métier est intriqué dans un rapport social de dépendance. Bref, que de certitudes inutiles et injustifiées.

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    14. Ele Hallegouet : la facilité ? J'ai choisis de m'occuper de ma mère mourante ET de poursuivre mes études ! C'est vraiment d'une facilité, déconcertante pour une jeune fille de 19 ans seule !

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    15. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    16. Bonjour,
      Je suis moi aussi étudiante en école d'art (deuxième année) et contrairement à certains commentaire plus haut, je trouve très courageux de ta part d’être restée durant trois dans cette école au dysfonctionnement flagrant. Je pense qu'il n'est pas très avisée de dire "il faut savoir choisir son école" car même si chaque écoles a effectivement une spécificité qui lui est propre, on n'en découvre le fonctionnement que lorsque qu'on y entre. De plus, changer d'école veut dire changer de ville, de mode de vie, quitter ses amis et se recréer une vie sociale ailleurs (processus qui pour ma part à été très fastidieux) ce qui n'est pas un choix facile à faire et ce, même lorsqu'on n'a pas de problème familial. Je trouve donc le commentaire de Elen Hallegouet légèrement déplacé.
      Mon école n'est heureusement pas comme celle de Bordeaux, mais j'ai remarqué un certain manque de pédagogie de la part de certains profs, qui on parfois (et pour certains prof seulement) tendance à laisser leur "goût" personnel artistique les guider lors des Bilans semestriel (ou examens, au choix) et je trouve cela bien regrettable...

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  4. peut-être s'agit-il de sucer au figuré ?

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  5. Bien sûr qu'il s'agit de sucer au figuré, dans ce texte ! Et Plus si affinités dans l'après soirées au "Café Pompier" par exemple... Laurent Septier fait l'âne pour avoir du son ! Il est dedans...

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    1. Que voulez-vous dire, courageux anonyme, sous "Laurent Septier fait l'âne pour avoir du son ! Il est dedans...", et si je suis dedans, je suis où ?

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  6. le problème de ce papier c'est de faire d'une école la généralité et des amalgames. De plus tu fait un certains nombre de raccourci et de jugement qui n'engage que toi. Au final, tu flattes les plus bas instincts, et fais le lit des réac

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    1. Je précise bien que je ne parle que des beaux arts de Bordeaux et pas des autres écoles ;)

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    2. C'est important, merci.
      Je connais un peu l'école de Bordeaux, et effectivement il y a un problème délicat. Pour autant, il doit y avoir un changement de direction qui pourra peut-être redréssé la barre.
      Mais ce qui me gêne c'est que des personnes peu fréquentables puissent se servir de votre article (légitime par ailleurs) avec des objectifs moins louable.
      Pour autant, vous avez raison de dénoncé l'inacceptable, malgré tout, certains de vos propos sont sujet à discussion et mériteraient un ajustement. Il me semble

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    3. J'ai fait un édit pour éclaircir les choses :)

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    4. vu, en effet
      Je crois que c'est mieux, faute d'être bien ;)
      Vous avez eu raison d'exprimer votre point de vue, pour autant il ne faut pas la perdre (la raison).
      Vous soulevez quelques loups qui méritent attention, faite en sorte de ne pas les décrédibiliser :)

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    5. Par contre je viens de voir votre travail dit "solide" de 3ème année (soyez vigilante on trouve aisément les données)... c'est affreusement mauvais ! Ne le prenez pas mal, mais je peux comprendre que l'on ne vous ai pas encouragé...voir que des professeurs soient embarrassés pour faire valoir des remarques pertinentes sur une base comme celle-ci. De fait, je crois que votre article gagnerait à se limiter à "l'ambiance délétère", au sens large, de l'école sans faire mention de considération artistique

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    6. ahahahah qu'est ce que votre commentaire m'a fait rire ! Je ne sais pas qui vous êtes pour juger de mon travail (je ne sais pas non plus ce que vous avez pu voir) mais comme on dit tout avis est bon à prendre ! Merci de votre retour très complet et constructif ;)

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    7. J'ai vu la vidéo, "les dégenreuses"
      Mais pour être plus constructif, techniquement c'est juste impensable, un plan fixe qui n'en est pas un, c'est filmé à l'arrache dans un salon, les incrustations sont hallucinantes (avez vous seulement demandé les droits ?), et le propos... si il peut être juste...n'a aucun interet artistique, social à la rigueur, mais certainement pas plastique. Ou en tous cas pas comme ça. Alors Ok en 3ème année il n'y a pas que des merveilles, mais dire: "j'étais bien encrée dans mon époque en leur ramenant un boulot solide sur la question du féminisme dans les jeux vidéos"... et voir cette vidéo...je suis désolé mais cela nuit fortement à votre crédibilité, et c'est dommage

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    8. Le côté à l'arrache était justement très apprécié aux beaux arts de Bordeaux, genre on se prend pas au sérieux. Moi j'étais pas fan mais c'est ce qu'il fallait faire ;) et ne jugez pas s'il vous plait sur une seule vidéo, au diplôme j'ai présenté une dizaine de pièces :)

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    9. Admettons. Sincèrement je pense que vous êtes passé à côté de ce que l'on peut attendre d'une école d'art, alors certes vous n'avez pas du être aider dans cette école...
      Et j'insiste sur le fait que vous mettez en avant des choses légitimes, et d'autres beaucoup plus sujettes à caution... et l'un ne sert pas l'autre.
      Mais je vous souhaite bon courage, sincèrement.

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    10. Allez hop, une petite tarte hautaine dans la tronche de la jeune femme qui ose se plaindre. Élégant.

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    11. En lisant le commentaire de clum63, c'est un délice à déconstruire...
      "un plan fixe qui n'en est pas un" = principe d'identité.
      "avez vous seulement demandé les droits ?" = propriété intellectuelle.
      "le propos... si il peut être juste...n'a aucun interet artistique, social à la rigueur" = conception moderniste de l'art autonome.
      Que de certitudes... c'est affligeant.

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    12. Même si je n'ai pas eu le plaisir de voir la vidéo "les dégenreuses" (clum63 si tu as encore le lien je suis preneur) je ne peux pas te laisser dire ça Capture, si quelque chose est nul il faut savoir le dire et surtout savoir dire pourquoi.

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  7. J'ai été à Bordeaux en 2010, une première année qui s'est passée relativement bien, sauf que j'avais le sentiment diffus qu'on me demandait un effort d'intégration et de copinage avec profs et élèves. J'avais le même sentiment d'être exclu, parce que je ne voulais pas faire partie d'un groupe en particulier. Quand j'en parlais aux autres, j'étais toujours en train de me demander si je délirais, si j'étais parano ou je ne sais quoi. Ton témoignage me rassure un peu, même si je crois que ce sont des phénomènes sociaux assez répandus.
    Finalement, j'ai fait une équivalence pour l'EESI d'angoulême, où c'était un peu pareil mais moins pire (il y avait malgré tout ce groupe de profs hommes cinquantenaires vaguement séducteurs qu'on voit souvent en école d'art).
    J'ai arrêté de venir en cours parce que je commençais à me sentir très seul.
    Le plus dur, maintenant, c'est de faire la part des choses entre des fragilités personnelles et un système excluant !

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    1. Merci pour ton retour et ce partage d'expérience. Je trouve ça dramatique que des élèves motivés se retrouvent face à des gens qui profitent de leur jeunesse crédule... Quand tu parles de "profs hommes cinquantenaires vaguement séducteurs" je te rejoins absolument dessus car c'est ce qui grouille aux beaux arts de Bordeaux, et c'est ce qui m'insupportait au plus haut point.

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  8. Haha c'est plutôt bien résumé!
    Je suis en 3ème année (design par contre) et tout ce que je peux dire c'est que j'ai rencontré plus d'enmerdes que de points positifs jusque là. Je fait de la photo et de l'illustration à côté et des profs m'ont souvent dit que je devais arrêter ma pratique artistique pour être plus "design" (totalement fermé d'esprits!)... Quand au fameux "t'es pas assez contemporaine", je ne compte plus le nombre de fois ou je me le suis pris en pleine gueule. Bonus cet année: Un cours de philo de l'art qui démonte la Pop Culture (j'ai d'ailleurs quitté ce cours) à coup de propos élitistes.
    Franchement merci d'avoir mis des mots sur les problèmes de cette école!

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    1. un cours c'est un cours, il est évident que si vous le prenez pour argent comptant...
      Des déçus des écoles d'art il y en a des pleins camions... pour autant ce n'est pas toujours l'école qui doit se remettre en question ! Ce qui n'excuse pas certains faits que dénoncés par Mathilde

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    2. Sephira Marshall : Je vois tout à fait ce que les profs des beaux arts peuvent dire de la Pop Culture étant donné que j'ai moi même bossé dessus en traitant des jeux vidéos. Ils ont vraiment un train de retard par rapport à ça et c'est vraiment dommage car on se sent limité dans ce qu'on pourrait faire. Et après c'est eux qui viennent nous dire qu'on n'est pas contemporain(e)s ! La blague. Merci pour avoir partagé ton expérience ici.

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    3. L'art et le divertissement sont deux choses distincte que l'on a tendance à confondre. Mangas, jeux vidéos et autres produits de l'industrie n'ont pas réellement leur place dans cette école.

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    4. @TheNowhereTrip : l'art parle de la vie, du monde, et s'inspire des idées qui circulent y compris hors de son circuit d'auteurs adoubés par l'institution. Il n'a strictement rien à s'interdire. En revanche, si une école d'art sert à quelque chose, c'est à apporter du recul à ses étudiants : faire du cosplay, du fan-art, du graffiti, ça ne suffit pas, même si c'est déjà se placer du côté de la création et pas de la simple consommation d'œuvres. Mais un étudiant peut transcender ses passions de gamin ou d'ado. Quant au divertissement, j'ai peur qu'il ne suffise pas d'écrire "chiant" sur une œuvre pour qu'elle mérite des fleurs, et inversement.

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    5. "Je vois tout à fait ce que les profs des beaux arts peuvent dire de la Pop Culture" ... tu vois plutôt tout à fait ce que Tes profs de Tes anciens beaux arts peuvent dire de la Pop Culture. Je pense que quand on te parlait de la récupération de tes propos pour en enrichir des biens moins fondés, et bien c'est pour ce genre de phrase. Parce que l'amalgame est offert sur un plateau avec ce genre d'erreur. Non les écoles d'art ne sont pas (toutes) fermées à la Pop Culture, j'ai été dans une école où elle était enseignée, de manière très approfondie et sérieusement, souvent débattue car ne faisant pas l'unanimité, mais ça n'a fait qu'enrichir les discussions qui continuaient au delà des cours où il en était questions, jusqu'aux ateliers, soirées, repas. Moi non plus je ne veux pas faire de mon ancienne école une généralité, elles ont toutes leurs différences, ce que je veux dire c'est qu'il ne faut pas que tu oublies ton postulats de départ qui était de ne parler que d'un lieu que tu as connu.

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  9. euh je ne comprends pas : cette prof de dessin qui fait des listes d'élèves avant les inscriptions pour que la coordinatrice pédagogique y inscrive d'office ses petits favoris ?

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    1. ok super la personne a supprimé son post …

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  10. J'ai été étudiant aux Beaux-Arts de Paris et je n'ai pas du tout aimé, je m'y sentais isolé... Après trois ans je les ai quittés pour faire mon service national puis entrer à la fac. Mais avec le recul, je me rends compte que je n'étais pas fait pour cette école, et que ça m'a empêché de profiter de ce qui était bien (sauf les cours de morphologie, auxquels j'ai assisté trois ans durant).
    Une fois devenu prof en école d'art (Amiens, puis Le Havre, Angoulême et Rennes), j'ai vu tout ce qu'il y avait de bien dans une école d'art territoriale, et je me suis dit que j'aurais adoré le refaire dans un autre esprit. Mes deux filles sont entrées en école d'art, et j'imagine qu'avoir un papa familier de cet environnement les a aidées à y survivre !
    En tout cas, partir sur un échec, sur des malentendus, c'est pas grave, je parie (mais je ne peux pas le promettre) qu'il vous en restera du bon malgré tout.

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  11. Je vais à la rencontre d'anciens étudiants : ceux que je vois sont contents, mais j'espère en trouver qui, comme vous, ont quitté l'école sur une note plus amère, car ça sera dans un sens plus instructif que des "success stories" http://hyperbate.fr/revoyure/

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    1. Merci beaucoup pour votre commentaire. En effet nous sommes nombreux à Bordeaux à voir quitter les beaux arts sur une note très amère et malheureusement pas de success story pour nous. Nous avons à peu près tous changé de cursus et la plupart d'entre nous se sentent beaucoup mieux et retrouve peu à peu leur fierté piétinée.

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    2. Bigre !
      Note : quand je dis "success story", c'est selon ma définition de la réussite, qui n'est pas forcément de devenir un artiste international, mais de vivre en faisant des choses pas trop bêtes et en rapport avec ce qui nous plait.

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    3. En fait, votre témoignage est terrible, pour moi, car je suis finalement un grand enthousiaste des écoles d'art et je trouve dommage que votre expérience ait mal tourné. Mais c'est le genre de choses que j'ai entendu d'autres fois, spécifiquement dans les départements "art" (j'enseigne plus en design graphique), où les critères sont peut-être moins objectifs, et spéficiquement dans les écoles "chic" : on m'a dit du mal de Bordeaux, de Nice, de Lyon. Mais pour ces trois écoles je connais aussi des gens qui ont apprécié.
      Tenez, voici une vidéo où j'essaie de transmettre ce que je trouve bien dans ces écoles : https://www.youtube.com/watch?v=c0FGzHt08Y4

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    4. Si je puis me permettre, Jean-No, il y a un tel déni des questions de race/classe/genre dans les écoles d'art qu'il n'est pas étonnant que peu d'étudiant.es aient conscientisé la chose, pas outillé.es pour mettre en perspective des remarques, des modes d'organisation, des types de relations etc. avec les oppressions systémiques dont elles sont pourtant clairement les vecteurs.
      C'est bien connu, dans le monde de l'art tout le monde est de gauche, antisexiste et antiraciste (non), tout le monde est persuadé de ne jamais avoir de comportement oppressif, ce qui est le propre des oppresseurs de nos jours.

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    5. @anna il y a un étonnant et récent intérêt pour ces questions depuis quelques années, et ça vient en grande partie des étudiants eux-mêmes. En fait, on n'en a jamais autant parlé, à ma connaissance, depuis que je fréquente les écoles d'art, c'est à dire depuis près de trente ans. Pour beaucoup de profs peu au fait de ces luttes, de leur forme, de leur vocabulaire, de leurs concepts, c'est parfois un peu duraille à avaler, du moins ça ne passe pas d'un coup. Mais je crois sincèrement que ces idées font vraiment de gros progrès en école d'art. Et même si le sentiment d'être à l'abri de ces questions (parce que culture, parce que progressisme,...) est pernicieux, je pense qu'il y a beaucoup de milieux professionnels ou scolaire qui sont bien plus loin derrière sur ces questions.

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    6. Eh bien souhaitons que cet intérêt ne soit pas juste théorique ou formel, mais qu'il commence à imprégner bel et bien les relations des étudiant.es, profs, artistes, professionnel.les pour les transformer en profondeur. Mais je crois qu'une initiative telle que ce blog ou la page facebook du collectif d'étudiant.es qui l'a relayé sont effectivement un signe d'évolution encourageant.
      Même s'il y a une connaissance théorique plus répandue qu'ailleurs, je ne pense pas que le monde de l'art soit concrètement en avance sur ces sujets malheureusement: on persiste à considérer que tout le monde est potes et qu'il n'y a pas de rapports de domination, que ce soit en milieu éducatif ou pro, en milieu associatif ou institutionnel.
      Il y a une véritable arriération sociale dans cette vision pseudo-horizontale qui nie les rapports de pouvoir que les uns exercent sur les autres, et cette éternelle peur de se griller si on va aux prudhommes pour dénoncer une direction qui harcèle moralement ses employés par exemple, dans le monde de l'art encore plus qu'ailleurs j'en ai peur.

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    7. Le monde de l'art, je ne sais pas, ce que les étudiants d'aujourd'hui sont et font ne l’imprégnera que dans quelques années. Mais très concrètement, j'ai régulièrement des étudiantes et étudiants dont le genre ou le féminisme sont les sujets de mémoire et de production.

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  12. Expérience similaire. Le commentaire réprobateur plus haut me rappelle fortement le comportement de certains profs. Nous donnent l’impression d’être à côté. “Complètement faux”? Vraiment? Pourtant beaucoup de gens s’y reconnaissent, dont moi. Et arrêtons de mettre tous les problèmes sur le compte de la directrice.

    Mon expérience; Les profs sont clairvoyants et ils voient bien quand quelque-chose est mauvais ou pas. Mais leur “saint verdict”(magnifique expression) , s’il est négatif, se limite à des airs exaspérés, des froncements de sourcils et deux trois commentaires bien foudroyants. La condition pour bénéficier de commentaires constructifs, c’est de faire un travail pas trop mauvais. Un peu triste. En tant que profs ca vaudrait la peine qu’ils prennent le temps de mettre de parler avec nous, de mettre des mots constructifs sur leur sentiments. Ce qui est infect dans cette école, c’est que les profs passent plus de temps avec ceux qui sont déjà acquis la sensibilité artistique et le discours requis pour réussir, et ils ignorent ceux qui sont perdus. Je n’ai pas réussi à produire un bon travail jusqu’à ma seconde troisième année.(j’ai redoublé). Quand j’ai finalement fait quelque-chose de “bon”, c’était comme si la face du monde avait changé. On me respectait un peu, on me souriait. Mais quand j’avais besoin d’aide je n’ai rien reçu. Je n’ai pas trouvé un prof capable de prendre de temps de m’apprendre à peindre avec de la peinture à l’huile ou de me conseiller un bon bouquin (enfin si, le prof de son, une fois). Les atelier sculpture, photo vidéo et son sont bien, meme si c’est quand même chaud de trouver quelqu’un entre le nombre de demande et le peu de profs ou d'élèves payés pour aider. Le fait qu’ils passent autant de leur temps libre à sociabiliser au CP à coups de pause café clopes et les retards monstrueux n’aident pas non plus. A force, j’ai fini par être moins sérieuse. Comportement futile de ma part. J’avais à peine 18 ans quand j’ai commencé les beaux arts, et on attend de moi de piger l’ambiance, d'être une artiste “autonome”, et on se retenait bien de rire quand je dessinais mes “machins”. (Mes “machins” qui m’ont fait entrer dans cette école, soit dit en passant. A quoi sert ce concour?) Il me semble que le seul moyen pour ne pas etre a coté de la plaque dans cette école quand on vient de sortir du Lycée, c’est d’avoir déjà pataugé dans le milieu. Venant d’une famille qui est plutôt du genre a dégueuler sur l’art contemporain et à lire des bonnes BD, excusez moi d’avoir été un peu longue à la détente. Mais après tout, excusez vous, vous les profs, vous le jury! Vous avez décidé de m’accepter dans votre école au concours, et moi je pensais faire partie du club grâce à mes petits dessins idiots. Je ne comprend pas pourquoi je n’ai pas été expédiée direct au concours. C’est dur, quand après coup, on comprend qu’on est loin derrière. Encore une fois, c’est dans ces moments là qu’on a besoin de profs qui prennent le temps de nous guider. quasi tous les profs de cette école sont feignants. Leur conseils se limitent à nous balancer des noms d’artistes.

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    1. Bonjour Manon,
      Pour avoir participé, en tant qu'étudiante témoin, aux concours dans mon école je peux t'affirmer que la séléction n'est qu'un pari sur l'avenir, et comme dans tout les paris, des fois tu perds. Tu n'as jamais été déçu par une personne qui t'avait fait bonne impression dans ta vie. Et bien le concours en école d'art c'est exactement la même chose. J'ai assisté 3 années aux selections, toujours avec des profs différents. En faite ils cherchent juste des futurs étudiants qu'ils sentent vouloir évoluer et pas forcement dans leurs sens, juste évoluer. Quand le candidat sort du bac cela portait toujours à discussion par peur d'un manque de maturité justement. Le fait qu'une fois que tu as été prise tu continues encore a faire les mêmes "machins" est bien représentatif d'un problème. On ne rentre pas en école d'art pour continuer à faire pareil, on y rentre pour approfondir son univers, l'enrichir et ça n'est pas aux profs de faire tout le taff. L'excuse du milieu d'où tu viens ne suffit pas, je viens d'un milieu où même une bonne BD tu n'en trouvais pas, et je ne suis pas la seule, il suffit d'être curieux, d'autant plus que cela fait la différence avec ceux qui viennent du "milieu", puisqu'assis sur leurs acquis ils n'ont souvent plus la curiosité. Peut-être que par humilité tu aurais dû passer par une école préparatoire, il y en a des très bonnes et publiques et ça aide à rattraper le "retard". Mais il ne faut pas rejeter toute la faute aux écoles non plus. D'ailleurs il ne faut pas attendre que les choses viennent à toi en école d'art et en art tout simplement, il faut surmonter un peu ses peurs, sa timidité et aller au devant, soliciter les profs si nécessaire mais ça n'est plus l'école primaire.
      Aussi en tant qu'ancienne assitante d'un atelier bondé en permanence, oui il faut faire la queue pour avoir un interlocuteurs mais là aussi c'est comme dans la vraie vie, et ceux qui se plaignaient c'était quand même bien souvent les étudiants qui arrivaient à 11h comme une fleur en ralant parce que c'était long pour parler à quelqu'un alors qu'il n'y avait personne à l'ouverture de l'atelier ou les premiers années pas content de passer un peu après les étudiants préparant des diplômes...
      Je ne dis pas que c'est facile, mais il faut savoir se remettre en question ...?

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  13. (suite) Les cours théoriques majoritairement mauvais. Ici je parle en particulier (alerte grosse balance) du cours de philo de ce prof (appelons le Mr V) transcendantalement pompeux (oui, quand je veux je peux parler jargon moi aussi) complètement obsédé par l’herméneutique. L’art ne se limite pas à l’herméneutique. Ni la philo d’ailleurs. Même “prof” qui organise des dîners mondains avec ses chouchous histoire de consolider de cercle. Même prof qui m’a empêché de continuer en 4eme année après s'être entretenu avec moi pendant 5 minutes, même si mon travail s’est énormément développé par la suite, que mon diplôme a été une réussite (incompréhension totale du jury du diplôme quand je leur ai dit que je n’avait pas été acceptée en 4eme année) et même si les deux autres membres du Jury m’avaient fait part le leur confiance avant l’entretien. Comme pour Mathilde, ce prof, le “leader” du Jury, celui qui se fait bien “sucer” (haha), s’est bien assuré que je n’aie aucune chance d’être invité a ses petit dîner de fions en rentrant dans le cercle restreint des masters.

    J’ai changé de milieu plus tard, toujours académique. Et vous savez quoi? Une bouffée d’air. Des profs qui sont la pour faire leur boulot de profs, pas pour rafraichir leur fréquentations, et se faire des potes. Des profs qui, quand ils ne sont pas en classes, sont dans leur bureaux à bosser sur leur bouquin, et sont disponible quand on frappe à leur porte pour nous écouter, aussi longtemps que cela soit nécessaire pour nous donner courage et détermination. Des profs qui nous traitent d’égal à égal, peu importe notre naïveté, de quel milieu on vient. Maintenant je fais des “études culturelles”, et même chose, contre toute attente. Des profs qui sont la pour enseigner, des élèves qui sont là pour apprendre.

    Si des profs me lisent: Par pitié, arrêtez d’envoyer au bagne les mauvais élèves, ceux qui paraissent un peu moins finaux aux premiers abords. Creusez les personnalités. Le concours, c’est le moment de décider si une personne à les capacités. Après, la n’est plus la question. Vous êtes là pour aider les élèves. Et les génies ne sont pas nés. Les adaptés sont adaptés parce qu'ils sont habitués au milieu. Si vous acceptez dans votre ecoles des petits qui aiment dessiner des bonhommes et ne comprennent pas l’art conceptuel, ils sont la pour apprendre. La transmission de la 1ere année “maternelle” ou tout se passe bien mais ou on apprend pas grand chose à la deuxième année “artiste autonome” est super violente. Arrêtez les copineries, parce que le milieu artistique c’est une bonne bande de potes dans leur délires humoristique au 42 eme degres. C’est énervant. Ce milieu incarne réellement une sphère sociale fermée.

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    1. Je ne pourrais jamais autant te remercier comme j'aimerais pour ton partage d'expérience. Je suis vraiment soufflée de voir à quel point les Beaux Arts font du mal. J'ai écrit cet article en pensant que j'avais tout dit et c'est là la nécessité des commentaires c'est que vous rajoutez tous beaucoup de contenu pour étoffer le propos. Je reconnais tout ce que tu écris et c'est bien dramatique car au début je pensais être la seule à penser les beaux arts de cette manière et c'est extrêmement réconfortant de voir qu'on n'est pas seul.
      Comme toi, j'ai pu constater en changement de milieu d'études que les profs étaient beaucoup plus présents, disponibles et travailleurs. Ça montre bien qu'il y a un réel problème aux beaux arts de Bordeaux. Les concernés m'ont envoyé des messages assassins (je ne pouvais que m'y attendre en les assassinant moi même) dans lesquels ils tentent de me faire passer pour folle ou frustrée, ou de mauvaise foi. Je me suis alors questionnée sur la légitimité de mes propos mais lorsque je lis tout vos commentaire je vois que j'ai eu raison de dire tout ça. Merci encore, du fond du coeur.

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  14. Juste: je plussoie. Merci pour cette article couillu.

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  15. En voilà bien des egos, tous plus prétentieux les uns que les autres...
    Je l'ai dit ailleurs : quand on échoue à la fac, on a la défaite plus modeste, on ne l'attribue pas au diable.
    Je ne participerai donc plus à cette discussion, puisqu'être professeur aux Beaux-Arts est devenu à vos yeux une véritable honte.
    Réfléchissez quand même à votre propre participation à votre échec, au poids de vos dénonciations.
    Laurent Septier,
    - artiste,
    - professeur depuis 25 ans à la Villa Arson, Nice,
    - directeur des études de cette école de 2009 à 2014 (et n'ayant jamais enregistré la moindre plainte touchant à l'ordre sexuel),
    - ex-étudiant des Boz de Bx de 1981 à 1986, avec des hauts et des bas certes mais ce n'était pas si mal que ça.
    Une dernière question :
    Qu'aviez-vous, vous, à apporter, avec votre ego démesuré ?

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    1. L'expérience de l'école, c'est la rencontre entre un étudiant et un contexte. Certains étudiants ont du mal à quitter (mentalement) le lycée, d'autres viennent chercher quelque chose qu'ils ne trouveront pas là, etc. : plein de raisons peuvent faire que ça ne fonctionne pas. La rancoeur est compréhensible.
      Sur les questions de harcèlement, j'ai peur que ça soit toujours trop courant, notamment dans les écoles où les profs sont tous des hommes et les étudiants des étudiantes. Je n'ai pas d'avis sur Bordeaux, je n'y suis jamais allé.
      Mais bon, que le ressenti de l'auteure du texte soit fondé sur des malentendus ou pas, je ne pense pas que le fait qu'elle exprime son ressenti relève de l'égo démesuré. Et puis en école d'art, on forme des personnalités, parfois même des rebelles, des créateurs, des inventeurs : s'ils savent affirmer leur ego, ma foi, tant mieux, non ?

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    2. je plussoie Jean-no

      ceci dit, dans le cas particulier de Bordeaux, il y a bien un problème, qui va au delà d'un malentendu

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    3. Oui, je suis d'accord avec Jean-no, bien sûr.

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    4. "Qu'aviez-vous, vous, à apporter, avec votre ego démesuré ?"
      Et vlan, le prôôôfesseur a parlé. :))))

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  16. Mathilde,
    Ta prise de position (celle de dire tout haut ce que BEAUCOUP pensent trop bas), si rare à notre époque est digne d'une grande !
    Tu me fais penser à une VRAIE artiste ENGAGEE !

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    1. Comme Monsieur LE PEN qui dit tout haut ce que les autres pensent tout bas : ben voyons.

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    2. Quel rapport? Je ne comprends pas comment vous en arrivez à parler de Le Pen. Vous dites que cette étudiante est une dangereuse extrémiste borgne et raciste? Vous voyez bien qu'elle a touché un point sensible étant donné les commentaires de soutien qu'elle reçoit. Que faites vous ici à part essayer de saper sa crédibilité? Vous ne sapez que la vôtre! En tant que prof d'arts appliqués qui était encore étudiante il y a 2 ans, je vois bien de quoi elle parle et j'essaie de faire en sorte que dans ma classe ce type de favoritisme décrit dans l'article n'existe pas! Cessez votre critique systématique: elle ne dupe personne et vous vous rendez vraiment ridicule.

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    3. @basille De Bakerstreet : "dire tout haut ce que les français pensent tout bas" était le slogan de Jean-Marie Le Pen pendant les années 1980. C'est une référence de vieux ! Personnellement, comme je suis vieux aussi, si je lis "tout haut ce que certains pensent tout bas", je pense aussi sec à Le Pen. À chaque génération son cadre de références.

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  17. Mathilde, quand je lis tes propos je retrouve un peu ce que j'ai ressenti il y a 30 ans quand j'étais aux Beaux-Arts même si ce n'est pas aussi grave que ce que tu décris. Les élèves pédants et prétentieux étaient une minorité, j'y ai surtout croisé des individus qui avaient beaucoup de talent. Pour autant, je crois qu'à 18 ans on est pas préparé à entrer dans un tel milieu notamment quand on sort d'un cadre très structuré comme la filière BAC. Il y aurait sans doute beaucoup à écrire sur le rapport qu'entretient chaque élève avec son école d'art, c'est souvent compliqué. J'ai mis du temps à reconnaitre ce que les Beaux Arts m'avait apportés. 30 ans après, ma pratique reste liée à ce que j'ai découvert dans mon école.

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  18. Chère Mathilde permettez moi de soumettre a votre lecture mon petit essai sur l'art contemporain .Je pense que vous y trouverez quelques idées et peut être du réconfort Il suffit de Taper BURANDELO puis hommage à l'académisme Bien à vous

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    1. Alors, on fourgue sa came ? Pas dégonflé…

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  19. Un problème soulevé par plusieurs individus ne peut être que réel, cessez d'ignorer la critique... Une vie sans problème implique un bandage aux yeux.

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    1. Voilà Mathilde... C'est ce genre de client qui risque de se reaproprier ta critique pour soutenir un propos malfaisant...

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    2. je ne me réapproprie rien du tout, et il est inutile de lire entre les (2) lignes. Sans ce récit, pas de com, impossible à dissocier, il n'y a pas à réinterpreter, contentez vous d'avaler un peu la critique et de mettre de côté ce qui ne vous concerne pas.

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  20. J'ai quitté les Beaux arts en 2010 et la grande partie de ce que tu décris fait tellement écho à ce que j'ai vécu XD et encore, j'ai eu la chance d'être dans l'arc "design"(moi non plus je n'ai jamais compris ce délire de noms complètement oufs pour désigner une thématique d'études...au moins le design s'appelait design XD), peut être le plus "normal" et en lien avec la réalité...j'y ai rencontré des gens formidables et un enseignement quel qu'il soit est toujours bon à prendre. Mais je déplore aussi le peu de liens que l'école entretient avec la réalité du marché du travail et du monde professionnel et c'est bien dommage. C'est courageux d'avoir osé écrire cet article et je te dis bravo.

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  21. Mathilde, vous avez le droit de parler de votre expérience. Ceux qui sortent le "risque de récupération par les démagos" ou le "risque de généraliser" pour vous pousser à modérer vos propos ne cherchent qu'à appuyer leur domination sociale là où le "copinage cool" ne fonctionne plus. Depuis hier je lis des propos qui recoupent votre expérience au sein de cette école et de certaines autres. Le problème n'est pas le messager.

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  22. J'ai fait ma première année à Bordeaux et la suite à Toulouse (c'était il y a plus de 20 ans), j'ai retrouvé un peu de tout ça dans les deux écoles (beaucoup moins sur Toulouse quand même) et j'ai aussi claqué la porte en quatrième année pour les mêmes raisons !! J'y ai aussi passé de très bons moments bien sur et rencontré pleins de gens supers...mais pour le reste, je crois que c'est inhérent aux écoles d'Arts :)

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  23. Mathilde MERCI! et bravo pour ton courage! j'ai fait les BA de Poitiers, j'ai observé et souffert des même choses, copinages avec les profs par le sexe, humiliations et dédain si ton travail ne correspond pas à la norme du "contemporain" etc . Tu le dis très bien, à 20 ans, on ne remet pas en question l'autorité ou le "savoir" de profs qu'on respecte parce-qu'ils sont eux-même artistes. Et c'est ce qui est pervers au départ. Perso j'ai tenu les 5 ans parce-que mes parents avaient pas mal déboursé, je ne pouvais pas abandonner. Ce fut laborieux, mais j'ai obtenu le diplôme en 1993. A quel prix! Au prix d'une estime de soi complètement détruite, au prix de perdre son âme pour correspondre à la norme...avant de se rebeller par rapport à cet endoctrinement quand j'ai enfin compris que chercher à être dans cette norme de la pensée conceptuelle c'était faire preuve du plus grand conformisme! Un artiste est-il là pour être conformiste?? Il m'a fallu 20 ans avant d'oser prendre un pinceau et m'autoriser à peindre, juste parce-que les BA avaient décrété la mort de la peinture, la mort de la figuration, la mort du beau (mot interdit!), la mort de l'émotion (top ringard!). Or si aujourd'hui, plus de 20 après, je suis sur le terrain, c'est parce-que des gens achètent mon travail pour le mettre sur leurs murs. C'est le public qui fait vivre les artistes, ce sont les collectionneurs. Quand j'ai compris ça, j'ai cessé de vouloir être acceptée par une élite. Tout ça pour dire que c'est quand même hallucinant de laisser des profs aseptiser nos cerveaux, faisant de nous de parfaits exécutants, mais pourquoi tant de pouvoir? quand je lis ici l'intervention de ces même profs, cette façon condescendante de te rabaisser encore comme si tu n'étais qu'une écervelée qui dit n'importe quoi ou pire, qui n'a rien compris, je me dis que décidément un artiste n'a rien à faire dans une école.
    J'ai eu la chance qu'un artiste m'apprenne au sein de son atelier, bien avant d'entrer aux BA. Sa bienveillance et son expérience m'ont plus appris sur l'humanité que tous les concepts intellectuels qu'il a fallu ingérer et digérer en 5 ans. Et puis si on parle concret, au sortir d'une telle école, une fois que tu as obtenu toutes les aides institutionnelles (vu que l'institution aide la création dite contemporaine au détriment des "autres"), la vraie question de ton statut d'artiste dans la cité se pose. Il faut rester libre! et si tu es passée par les BA et qu'ils t'ont démolie, il faut s'en affranchir et rebondir allègrement sur tout ça.

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  24. Tout ça pour aller faire des logos a la chaine dans des boites de com xD c'est beau de voir que nous avons le loisir de tant de futilité. #bisouxdalep

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  25. Qu'on ne se meprenne pas sur mes sarcasmes, j'exprime toute ma sympatie a Mathilde. Vive l'èducation populaire.

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  26. Wahouuuuuuu merci beaucoup Mathilde! je suis aux beaux arts cette année et c'est ma première année et j'ai exactement ce ressenti.. J'ai voulu abandonner deja plusieurs fois car je ne pense pas a voir un moral d'acier pour endurer cela mais il y a tout de meme (et bien heureusement) des cours et des profs intéressants c'est ce qui me motive a continuer jusqu'à la fin. En ce qui me concerne je dirais aussi, (je ne sais pas si c'était déjà comme ca pour toi,) qu'en première année on survole vachement les matières. Au final on apprend pas grand chose car l'emploi du temps change tout les mois et donc on se retrouve a faire 2 jours de cours (parfois un peu plus js mais c'est aléatoire) sur une matière pour toute l'année, c'est pas vraiment satisfaisant.. On est pas vraiment dans le vif du truc on a un projet a rendre soit pour le lendemain complètement tiré par les cheveux faute de temps soit un truc a rendre a l'ecrit enfin on apprend pas beaucoup je trouve et c'est decevant.. Et je te rejoins sur le côté sectaire de l'école. J'ai loupé un bon nombre de cours a cause de soucis de santé et a mon retour je me suis sentie abandonnée je n'ai pas l'impression d'etre a ma place, ni avec les eleves ni avec les profs.. Je trouve tout cela assez fou car l'école est tres diffente de l'image qu'elle vend. Elle oublie et limite denigre tout le côté technique de l'art, car il n'est pas essentiel d'après eux(a débattre) en soit c'est tout de meme important je trouve d'avoir de la technique et si on a pas eu l'occasion de faire une MANAA avant ou d'autres études en art plus "académique" (mon cas) on en apprendra pas a cette école !

    Et ca me soulage vraiment de lire ton article car j'ai l'impression d'etre la seule de ma promo là. alors ouf ne ne suis pas folle non plus ! Merci d'avoir eu les corones d'en parler si honnêtement !

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  27. Sincèrement je pense que j'aurais pu écrire le même texte en parlant de mon école

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  28. "On fait pas de l'art pour les gens sous-éduqués"
    "J'sais pas ce que vous faites, dans la vie, mais baisez, droguez-vous, faites un truc quoi, mais bougez vous!"
    Ah, quelle joie, les Beaux-Arts... J'y ai passé 5 ans, par facilité - les filles étaient jolies, la drogue était de bonne qualité, le je-m'en-foutisme porté aux nues... Pas à Bordeaux, cela dit, dans une plus petite école de Rhône-Alpes, mais la dynamique, hélas, restait la même. Je ne crache pas dans la soupe, j'ai eu quelques prof exceptionnels. D'autres, par contre, la seule approbation que j'ai eu de leur part, c'était de voir mes boulots piqués par eux. C'est un peu sale, oui, mais quand on y réfléchit, c'est flatteur.
    N'oublions pas, comme a dit G.B.Shaw, "Celui qui peut, agit. Celui qui ne peut pas, enseigne."
    Tout le monde ne peut pas survivre dans un milieu hostile comme une école d'art. En fait, il y a les artistes, et les artistes contemporains. Les premiers ne finissent pas forcément le cursus, et feront toute leur vie des choses biens, les seconds, c'est facile, ils sont de tous les vernissages, les mondanités, parlent le bon langage, "réseautent" comme il faut, aiment, détestent, crachent, détruisent tout ce qu'il faut quand il faut.
    Il ne faut pas négliger la psyché de l'étudiant en art. On y trouve beaucoup de blessés de l'identité - moi-même depuis que j'ai réglé mes problèmes psychologiques je n'arrive plus à produire quoi que ce soit. Je ne dis pas qu'il faut avoir un grain pour être artiste, mais que beaucoup d'artistes ont un grain. Parfois moisi et corrompu. C'est la vie.
    Je ne suis pas sûr que ce commentaire porte où que ce soit, toutefois, je comprends bien ce qu'a vécu l'auteure.
    The art is dead, long live the art.

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    1. "Celui qui peut, agit. Celui qui ne peut pas, enseigne." ---> c'est souvent vrai, mais ça ne se passe pas vraiment comme ça. L'idée que le critique ou l'enseignant sont des handicapés de leur discipline est un cliché habituel, mais qui repose sur un malentendu : enseigner et critiquer sont des disciplines. Bien sûr, quand on enseigne un savoir-faire, il est mieux d'en avoir la maîtrise, ne serait-ce que pour inspirer confiance à ses étudiants. Les profs qui sont de grands artistes peuvent être de mauvais profs, qui ne veulent aider aucun étudiant mais juste avoir une cour d'admirateurs, et qui réagissent mal aux étudiants dont le travail est éloigné du leur autant que de ceux qui leur semblent être de potentiels concurrents... Un prof qui n'a pas fait une grande carrière d'artiste mais qui n'a pas pour autant d'aigreur et qui est bienveillant envers ses étudiants est sans doute moins toxique que de nombreux autres cas. Mais impossible de généraliser, tout existe.

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  29. Ah cette prose cinglante! Je suis prof aux beaux-arts, mais pas en France. Je ne peux que compatir avec ce temoignage. Moi non plus je n'ai jamais pu m'epanouir dans le systeme scolaire francais. Aussi, un prof d'art qui "n'apprecie pas" le feminisme peut aller se faire foutre parceque si l'art n'est pas la pour detruire ce connard de patriarcat, ainsi bien sur que cette supremacie blanche de merde, je vois pas bien a quoi ca sert. Peut-etre a faire des beaux cubes en beton.

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  30. Je suis profondément outrée et choquée de certains commentaires assassins, et c'est pourquoi je te tiens vraiment à te dire mathilde que tu as pris la bonne décision! Beaucoup vivent et ont vécu ce que tu as subit, c'est pourquoi ton message doit être pris comme un constat et une prise de conscience plutôt qu'une provocation. Ceux qui ont tenus des propos déplacés ou même choquants sont ceux qui sont les principales cibles de ton message, et donc ne prend pas en considération leurs avis haineux.
    Ton plaidoyer si je puis dire, met en exergue une réalité dérangeante de notre société et de l'école des Beaux Arts, et tu as eu la force et le courage de dévoiler ce que beaucoup n'ont pas réussi à faire.
    Je tenais à te remercier d'avoir eu cette force d'âme et cette délicatesse d'esprit et d'avoir ainsi su dénoncer le calvaire de ces étudiants avec autant de courage et de franchise.

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  31. Après avoir passé un bon moment à lire le texte et les commentaires, je reste sans voix. Ta déclaration Mathilde, est très triste, que tu n'ai pas pu profiter de la merveilleuse expérience que peuvent être les Beaux-Arts est désolant mais je ne connais pas l'école de Bordeaux donc je ne m'aventurerai pas sur ce terrain. Par contre, ce que j'ai pu lire dans les commentaires fait mal voire très mal :

    "Ah, quelle joie, les Beaux-Arts... J'y ai passé 5 ans, par facilité - les filles étaient jolies, la drogue était de bonne qualité, le je-m'en-foutisme porté aux nues..." Je n'ai qu'un mot (et ça me fait vraiment chier d'en arriver à rager comme ça sur internet) vas te faire foutre, les écoles des Beaux Art ne sont pas pour les feignasses et lire des choses pareille ne fait que décrédibiliser un système qui peut être super. L'art est une chose merveilleuse et c'est surtout une chose qui s'apprend ; avis a tous ceux qui ont eu le droit à des remarques comme "pas assez contemporain" (remarque que je me suis pris aussi, soit dit en passant) les Beaux-Arts sont là pour former la relève de l'art pas sa stagnation.

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  32. Salut Mathilde, je suis sincèrement désolé pour l'expérience que tu as vécu ces 3 dernières années. Je suis étudiant dans une école des beaux-arts, j'en connais quelques unes en France (dont des étudiants de celle-ci).

    Après avoir parcouru un ensemble de tes réalisations, il me semble que tu n'avais probablement pas ta place aux beaux-arts. Ce n'est pas dramatique, les erreurs de parcours sont fréquentes, et comme beaucoup d'autres ce fut mon cas.
    http://www.lemonde.fr/campus/article/2015/02/13/le-droit-a-l-erreur_4576303_4401467.html

    Cependant, l'équipe pédagogique de certaines écoles fait peur à voir. Un groupe d'hommes - la plupart du temps - un peu trop fiers, un peu trop frustrés, souvent machos et parfois pervers. Cela constitue un véritable problème au sein des écoles d'art : Bordeaux, Rennes, Nice, etc. Je t'assure que certaines femmes vivent très mal leur expérience de professeur pour ces mêmes raisons.

    Ces personnes ont mis de côté leur rôle de pédagogue pour embellir leur fiction de l'artiste, leur fiction de l'alpha. Prendre une claque peut parfois se révéler efficace : prise de recul immédiate, profonde remise en question, réévaluation des acquis. Mais cette méthode n'est pas la bonne et fait l'apologie d'une éducation et culture Française qu'il est temps d'abolir. Il aurait été plus juste de prendre conscience de ta fragilité, de ta timidité, et de s'adapter en conséquence pour te proposer une conversation qui permettrait ton épanouissement, ton développement. Ces personnes ne méritent tout simplement pas leur titre.

    Bon courage pour la suite de tes études

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  33. "Aux Beaux Arts on t'apprends bien à être un con prétentieux qui crée du concept pour bien enfoncer les gens qui n'y connaissent rien et pour bien gonfler l’ego de ceux qui font parti du milieu."
    Bien dit ! Sur l'esbroufe artistique : https://lesamisdebartleby.wordpress.com/2015/11/12/du-bluff-technologique-a-lesbroufe-artistique/

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  34. Bravo pour ton courage mathilde. C'est ainsi que j'ai vécu ma première année aux beaux arts de bordeaux car j´ai été trop décue pour poursuivre jusqu'au dnap. Ternir les rêves de jeunes pleins d'espoirs et avides de savoirs, voila ce que je repproche. J'ai perdu une année de ma vie et me suis juré de ne pas devenir un artiste raté vaniteux comme ceux qui hèrent dans cette ecole. Mais que fait on dans une si belle ville, dans un pays si riche d'art et de culture? Ca fout vraiment la honte...

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  35. J'y suis allé pour un trimestre en échange et au départ je me disais que c'etait peut-etre moi qui ne comprenait pas l'écart de culture! Or je suis bien soulager de voir que je ne suis pas seule à avoir ressentit ce mélange d'émotion et de consternation!
    Rien ne va dans cet école. De l'attitude des gens qui y travail, à leur méthode de fonctionnement et leur pédagogie ! Ce fut un véritable enfer pour moi d'évoluer dans cet endroit et votre texte à littéralement résonné au fond de mon coeur, rien de moins!


    Merci pour ça!
    Ça se devait d'être dénoncé !

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  36. En lisant ton texte j'ai retrouvé exactement les histoires que vivent mes ami-e-s qui font les BA de ma ville. Que ce soit les afters whisky qu'iels s'infligent avec le directeur (au début iels trouvaient ça cool aussi jusqu'à ce qu'iels se rendre compte que c'était là que tout se jouait pour elleux), le travail de création, de recherche, d'apprentissage de techniques qui est secondaire puisqu'il faut mieux produire des "concepts" (ce qui ne signifie pas qu'il n'y a pas des profs supers qui transmettre bien ces savoirs hein), la moquerie quand iels choisissent des sujets sérieux (un ami qui travaillait sur les représentations des lieux d'enfermement m'a dit qu'il aurait été plus soutenu et surtout moins méprisé s'il avait choisi de faire des logos d'entreprise)... et le pire c'est quand je vois le travail qu'iels font chez eux qui est vraiment super mais qu'iels ne peuvent pas présenter lors des évènements organisés par leur école car ça va à l'encontre de ce qu'on leur demande: il vaut mieux pour iels faire des blocs de béton comme tu dis (oeuvre accompagnée bien sûr d'une fiche explicative de 4 pages sur pourquoi le béton permet matériellement d'allier le minéral et l'industriel mais aussi l'Art et la Cité tout en remettant en cause les frontières sociales arbitraires etc etc...)

    Mais le plus horrible c'est juste, que finalement t'es puni-e si tu ne joues pas ce jeu à fond. Ce qu'on t'apprends c'est qu'être un-e bon-ne étudiant-e en arts (c'est à dire si tu veux avoir des chances de réussir) c'est avant tout se comporter en groupie. Chaque prof, intervenant-e, artiste doit être traité-e comme s'iel était un dieu ou une déesse et tu gagnes si t'arrives à le/a faire rentrer dans ton carnet d'adresses.

    A chaque fois que je vais à un évènement aux BA, où à une expo, je suis extrêmement gênée par ce qu'il se passe: quand le directeur arrive dans la pièce, il y a automatiquement une vingtaine d'étudiant-e-s qui se précipite autour de lui, flirte avec lui, rit à ses blagues nulles à chier et restent collé-e-s là jusqu'à la fermeture... dans l'espoir de faire partie des invité-e-s de l'after (et rentrer ensuite dans ses petits papiers). Et on voit bien qu'il se délecte de cette situation c'est gerbant. Au début je trouvais que c'était vraiment des suce-boules mais ensuite j'ai compris que c'est ce qu'iels "devaient" faire (et dans l'histoire c'est le Directeur le connard et non les étudiant-e-s qui font ce qu'on leur a appri à faire). Ca ne marche pas pour tout le monde, mais les ancien-ne-s étudiant-e-s qui ont joué à ce petit jeu le mieux, ont au moins trouvé des postes d'intervenant-e-s dans l'école après leur diplôme, ou ont profité du soutien du directeur pour leurs projets perso. Et ça les étudiant-e-s le savent.
    En revanche si tu ne joues pas le jeu tu es sûr-e de te retrouver certes avec un diplôme mais complètement perdu-e quand tu commences puisque qu'à part t'apprendre que pour réussir il faut des relations on ne te donne aucun autre outil pour ta vie professionnelle. (Bon je sais bien que dans tous les milieux les relations ont leur importance, je suis pas naïve, ce que je critique c'est le niveau de soumission demandé et le fait qu'un seul type de comportement soit valorisé... au détriment du travail réalisé).

    Bref, mes ami-e-s disent tous la même chose que toi, qu'iels sont malgré tout content-e-s d'avoir pu avoir accès à du matos, d'avoir pu se plonger dans ce qui les passionne pendant des années, d'avoir rencontrer des artistes et des profs formidables mais que tout ça iels l'auraient eu aussi dans une école qui ne fonctionnait pas comme ça donc voilà.

    Bref, désolée pour le long message et merci d'avoir écrit ça <3

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  37. Bonsoir Mathilde, bravo pour ton texte qui sonne très juste. J'ai moi-même fait une très brève incursion aux Beaux Arts de Nice, qui étaient encore pire je pense que Bordeaux, en proportion de la mégalomanie et de la réputation de cette école. Comme j'avais commencé mon cursus bien plus âgée que toi,à 33 ans,j'ai vite vu que ça ne me correspondait pas même si j'étais vraiment animée d'une grande curiosité vis à vis de l'art contemporain. Je suis restée 3 mois. Mais ça m'a suffi pour voir et éprouver tout ce dont tu parles. Je rigole car je vois dans les commentaires Laurent Septier, prof et artiste frustré à la Villa Arson. Si je me souviens bien, mais tout ça est déjà loin et ma mémoire sélective a effacé bien des choses, c'est lui en tant que professeur principal de première année qui m'avait foutu dehors. Apparemment, depuis toutes ces années, il ne s'est jamais remis en question. Bref tu as bifurqué de trajectoire et même si le virage est difficile à négocier, sois bien assurée que tu as fait le bon choix. Il n'y a plus une once d'oxygène dans l'art contemporain. Au fil du temps, j'ai vu bifurquer systématiquement, de l'école ou après du milieu de l'art, tous les gens les plus doués que j'ai rencontrés.

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  38. Je confirme les propos de Mathilde pour avoir vu ces pratiques pendant cinq ans aux beaux-arts et après comme "jeune artiste".
    Etudiant aux beaux-arts c'est passer de la naïveté à la lucidité, le réveil est extrêmement brutal, il n'est pas question d'art mais de pouvoir, de domination, l'art est utilisé comme subterfuge dans une logique de manipulation, certes cela est sa forme première mais la moins intéressante. Hors, il est pratiqué ainsi par le corps enseignant du DNAP, DNSEP au Master en vous faisant croire à la gloire par vos travaux si remarquable, alors qu'au final vous en sortirez au mieux avec le RSA que vous ayez couché ou pas (les rares qui réussissent sont une autre question).

    Un blog de 2006 illustre ce malaise qui persiste,
    http://ebavintage.blogspot.fr/2006_04_01_archive.html
    évoque cette manipulation (sexuelle) dont à été l'auteure de ce blog qui archive quelques jeunes filles dénudées issues de l'école des beaux-arts de Perpignan affirmant " [VE Guitter] son penchant affirmé pour les femmes, plus précisément les jeunes filles, je dis OUI".
    L'ancien directeur, Vincent-Emmanuel Guitter a depuis posté un blog, enfin je présume que c'est lui, mieux référencé comme pour faire oublier cette histoire, il a mis un "S" à "ebavintage", toujours en supposant qu'il est l'auteur de ce nouveau blog qui occulte son "affair".
    http://ebavintages.blogspot.fr/
    Cela est bien cynique sans compter les autres choses connues comme par exemple la directrice du FRAC Pays de la Loire Laurence Gâteau anciennement directrice de la villa Arson à Nice où il n'est de secret pour personne qu'elle est friande de (très) jeunes hommes, où elle est d'autres profs de l'école des BX-arts de Nantes piochent par lots.

    On dira de ceux qui dénoncent ces agissements que nous sommes frustrés, cela est bien vrai car question académique, notre frustration est abyssale.

    Je m'arrête là, je garde le reste, mais maintenant vous connaissez la recette pour percevoir des subventions municipales, départementales, régionales, nationales et européennes ou le RSA (on peut cumuler).

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  39. Si des gens se reconnaissent et s'en émeuvent… c'est quand même un flagrant aveu de déni! Merci d'avoir partagé votre journal / souvenirs d'étudiante. Je pense que cela vaut pour de nombreuses écoles, pas seulement Beaux-Arts, et si votre texte peut permettre à de futurs étudiants d'apprendre d'ores et déjà à cultiver une bonne distance entre la vie de l'école et leurs ambitions personnelles, alors vous aurez eu largement raison de partager votre ressenti.

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  40. J'étais étudiant à cette école il y a 20 ans, je m'aperçois au final que rien a changé ! Félicitation pour ton courage et ta description qui est fidèle à ce que j'ai pu connaître

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  41. Ma chère Mathilde, je te félicite pour ton courage et pour ta plume, tu es une vraie dada,une vraie surréaliste! c'est un vent de fraicheur et de vérité...ne laisse personne t'impressionner et ne retire pas ce texte car il est utile à l'hygiène mentale et spirituelle, brulons la vulgarité des milieux artistiques, brulons aussi les artistes et leur monde superflu, ne gardons que l'essentiel,la créativité, ce que tu sembles posséder.

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  42. Les Beaux-arts de Bordeaux ont tellement mauvaise réputation, que c'est histoire son connu dans toutes les autres écoles.

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  43. Expérience similaire aux beaux arts de Mulhouse, mais sorti sans diplôme (tenté deux fois)

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  44. J'ai voyagé dans une dizaine de villes à la rencontre de nombreux témoignages d'étudiants sur les conditions réelles des écoles dans lesquelles ils faisaient leur études. Intéressé par l'envers de l'école d'art, les processus particuliers d'enseignements dans un tel cursus, il semble que le témoignage de Mathilde soit loin d'être isolé. J'ai moi même vécu et vu beaucoup de choses similaires.

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  45. Bonjour Mathy,
    Votre article me touche beaucoup car il restitue très clairement ce que ma fille m'a rapporté de son expérience à l'EESI d'Angoulême. Elle a votre âge et, à 19 ans, est entrée dans cette école dont le point fort est la communication... Européenne, image... Tout cela donne envie mais c'est du vent, de même que le protocole de Bologne et le calcul des notes par ects, est du vent.
    Alors qu'elle était entrée avec de très bonne notes dans l'école, elle a été ajournée à l'issue du bilan de fin de première année, avec une note de 2/20. On lui a dit que son travail était "extrêmement faible" et qu'elle "n'avait pas le physique pour faire de l'art". La moyenne générale, qui tenait compte de ce 2/20 était pourtant de 13,9/20, ce qui à l'université vaudrait une mention AB. Mais nous sommes dans un autre monde où l'on note à la tête du client, et en fonction du caractère de la personne..
    Bref, cet ajournement supprimant toute possibilité de redoublement ou de rattrapage, arrivant alors que les inscriptions à l'université étaient closes, les études devaient en somme s'arrêter là....
    Pourquoi cette haine ? La seule réponse est qu'elle est hétérosexuelle, ne porte pas de tenues trash et me semble très (trop) bienveillante... Je crois qu'elle vous ressemble Mathy.. Ma fille est tombée dans une profonde dépression, avec plusieurs hospitalisations. Elle ne pouvait plus ni dessiner ni tenir un crayon.
    Aujourd'hui, elle est vivante, c'est tout ce qui compte pour moi. Elle est même heureuse, je l'espère, et a pu commencer des études d'art thérapeute.

    J'ai beaucoup de mal à vous écrire. Je ne comprends pas cette haine, cette arrogance et cette lâcheté. Je me demande pourquoi les ministères successifs délaissent les universités et encouragent les écoles d'art à faire, encore et encore, leurs saloperies pour casser les gens. Tout ceci n'a rien à voir avec l'art.
    Etudiants, croyez en vous et construisez vous même votre exigence...
    Soyez heureuse Mathy...

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  46. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  47. (Je corrige le texte qui a été fait par Google vocal)

    Bonjour,

    Je suis en 5e année, aux Beaux-Arts de Rennes. Il se trouve que plusieurs des problèmes cités dans ton texte sont également d'actualité ici à Rennes. C'est pour cela que j'aimerais faire un écrit qui accompagnerait mon mémoire avec comme volonté de proposer d'autres alternative, d'autres propositions. Etablir un nouveau dialogue entre des personnes qui comme toi, moi ou (j'en suis sûr) de nombreuses autres personnes ayant initialement l'envie de construire une envie et un projet commun : s'épanouir dans un champ artistique. ( je parle également ici de section com design ou com.)

    C'est pour ça que je souhaiterais t'interviewer ou interviewer également des personnes qui t'ont écrit des retours sur ton article.(Ou vous qui lisez ces lignes et qui vous sentez concernés)

    Je pense que c'est important pour nous mais aussi pour les futurs générations qui vont rencontrer les mêmes problèmes que nous.
    Voici mon adresse mail pour me contacter : brendan.k@hotmail.fr

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